Rwanda: Les FDU-INKINGI exhortent Son Excellence Paul Kagame, en sa qualité de président du FPR-INKOTANYI, à mettre un terme aux actes de provocation envers les opposants politiques, en utilisant les services de sécurité

Kigali, le 11 février 2013

 

 

 

Le parti FDU INKINGI condamne fermement une nouvelle fois la direction du FPR-INKOTANYI et son gouvernement qui poursuivent leurs sinistres manœuvres de manipulation des services de sécurité  pour harceler des personnalités de l’opposition en fomentant de fausses enquêtes judiciaires, afin de justifier des arrestations  arbitraires, les kidnappings ou les évictions forcées.

Dans la matinée du 11/02/2013, vers 6h30, la police a encerclé le domicile du nommé Dominique Shyirambere résident au village Amajyambere, zone de  Kamatamu, secteur Kacyiru. La police a exhibé un mandat de perquisition faisant état d’activités de faux monnayage. Cette opération était conduite par un policier en uniforme dont le nom est Karenzi. Les policiers n’ont trouvé sur lui qu’une somme dérisoire de 40 000FRW exempts de tout soupçon de fausse monnaie.

En dépit du fait que la perquisition avait fait chou blanc, les policiers ont menotté Mr Dominique Shyirambere et l’ont amené au CID où il a été interrogé. Ils ont finalement pris la décision de l’amener au cachot de Remera. Arrivée au niveau de la résidence de l’ambassadeur américain, le convoi de la police a reçu un coup de téléphone et a arrêté le véhicule. Après la conversation téléphonique, les policiers ont relâché sur place monsieur Shyirambere. Curieusement, les policiers ne lui ont pas remis les clés de sa maison, et ont confisqué  les 40 000FRW.

Ce n’est pas la première fois que ce combattant de la démocratie est victime des actes de délation des Intore du FPR. En effet, ces derniers ne cessent de le harceler. Récemment, il avait été attaqué chez lui la nuit par une autre milice du FPR connue sous le nom d’Inkeragutabara, qui l’a assiégé toute la nuit parce qu’il avait refusé de leur ouvrir la porte. Au lever du jour, quand ils ont réussi à entrer chez lui, ils l’ont violemment tabassé. Lorsque les voisins, y compris le secrétaire général des FDU-INKINGI, Sylvain Sibomana ont accouru pour voir ce qui se passait, ils ont été à leur tour tabassé. Lorsque la police qui avait été appelée à la rescousse a réalisé qu’il s’agissait de miliciens du FPR, elle s’est contentée de consoler les victimes et a laissé partir les miliciens sans aucune charge.

Nous en profitons pour appeler les autorités à veiller à la sécurité de  monsieur Shyirambere et les tiendrons responsable de tout ce qui pourrait lui arriver. Nous dénonçons par la même occasion la confiscation des clés de la victime, car  les policiers peuvent entrer chez lui quand ils veulent et manipuler les preuves pour lui trouver des charges.

Ces actes mafieux commencent à devenir légion. Le mois passé, un membre des FDU INKINGI , Théophile Ntirutwa, du village Kangondo I, cellule Nyarutarama, secteur Remera, district Gasabo, a  subi la même mésaventure. Il a été chassé de son domicile, sous prétexte qu’il organisait des réunions dans son café.

On rappellera que c’est le même scénario qui a été utilisé par les services de sécurité, pour arrêter arbitrairement et emprisonner il y a 7 mois, 7 jeunes membres de notre parti originaire de Rutsiro, sous le fallacieux prétexte qu’ils avaient rencontré le secrétaire général du parti.

Le parti FDU INKINGI ne pourra pas fermer indéfiniment les yeux devant de tels actes et demande solennellement à  Paul Kagame, en tant que président du FPR-INKOTANYI, de faire cesser ces actes de provocation. Nous lui  demandons d’accepter un vrai débat politique plutôt que de recourir aux services de sécurité pour harceler ses adversaires politiques. Ceci est d’autant plus incompréhensible que selon le président Kagame, son parti a une telle assise populaire qu’il n’a pas peur de l’opposition. C’est ce qu’il a déclaré lors des célébrations marquant le 25ème anniversaire de son parti FPR.

Nous sommes imbus par  le souci de bâtir notre pays en posant des jalons de la justice, la liberté, le respect des droits de l’homme. Nous nous sommes résolus à faire une résistance pacifique. Nous savons très bien qu’en accédant au pouvoir le FPR a choisi une autre voie, mais nous sommes convaincus que la violence n’amène pas de paix durable. Au lieu de verser le sang des Rwandais, nous nous emploierons à le ménager et à promouvoir la paix et sauvegarder les vies des citoyens rwandais, conscients que ce sont eux qui constituent la force du pays et le catalyseur d’un développement durable.

Nous demandons encore une fois la libération sans condition de nos 7 membres détenus à la prison de Muhanga. Nous demandons que cessent les harcèlements, les évictions, les actes d’intimidation contre d’honnêtes et innocents  citoyens  rwandais, spécialement ceux de l’opposition démocratique. Car le jour où tout le peuple se lèvera comme un seul homme pour réclamer la fin de la dictature, il sera impossible de mettre derrière les barreaux 11 millions de personnes.

Plutôt que de chercher à tuer dans l’œuf toutes revendications démocratiques, le gouvernement rwandais serait mieux avisé de les accompagner, dans l’intérêt, non pas du régime, mais du pays.

 

FDU-Inkingi

Boniface Twagirimana.

Vice-président  intérimaire

CC.

*SE le secrétaire général de l’ONU

*Conseil de sécurité de l’ONU

*Organisations des droits de l’homme (tous)

*Commission africaine des droits de l’homme

*Agences de presse (tous)

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