Rwanda:Les FDU-Inkingi condamnent fermement l’oppression continue du régime rwandais du FPR sur les opposants, activistes et journalistes.

COMMUNIQUE DE PRESSE – 1er décembre 2021.

Les FDU-Inkingi dénoncent et condamnent les arrestations d’opposants, d’activistes des droits de l’Homme et des journalistes au Rwanda. Ces acteurs sont victimes d’être les porte-voix d’une population rwandaise totalement muselée et excédée par l’oppression du régime dictatorial du Géneral Paul Kagame, au pouvoir par la force depuis 1994. Nous appelons le régime à tous les libérer immédiatement.

Le cas du jeune journaliste Niyonsenga Dieudonné (alias Cyuma Hassan), directeur de la télévision internet Ishema TV, condamné le 11 novembre 2021 par la Haute Cour de Kigali à une peine d’emprisonnement de sept ans et à une amende de 5.000.000 FRW (une peine qualifiée de « lourde, arbitraire et aberrante » par Reporters Sans Frontières) illustre clairement la manière dont le système judiciaire rwandais est utilisé sans aucun scrupule et de manière grossière par le régime dictatorial du Front Patriotique Rwandais (FPR) comme outil d’oppression pour faire taire ceux qui le dénoncent. En effet, le jugement mentionne qu’il a été condamné pour « falsification de documents », « exercice illégal de la profession de journaliste », « entrave à des travaux publics » ainsi que pour « avoir humilié des officiels de l’Etat » alors que cette dernière infraction n’existe plus dans le code pénal rwandais depuis 2019 ! Et poussant l’aberration de la procédure judiciaire à son comble, le 16 novembre 2021, le parquet a annoncé sur son compte Twitter avoir interjeté appel de la condamnation afin de « corriger l’erreur » !

Pour rappel, les ennuis de ce célèbre journaliste ont commencé au début de l’année 2020, lors de la cérémonie d’enterrement du défunt chanteur de gospel Kizito Mihigo, lorsqu’il fut le seul journaliste à révéler, images à l’appui, que le corps de Kizito portait des blessures très suspectes sur les tempes, contredisant alors de manière flagrante la version officielle selon laquelle la victime s’était pendue à l’aide de draps de lit dans sa cellule de prison.

Il avait également publié sur sa chaîne YouTube des témoignages d’habitants du quartier « Bannyahe », un quartier dont la ville de Kigali essaye depuis plusieurs années d’expulser les habitants, les uns affirmant avoir été tabassés, les autres torturés. Plusieurs femmes avaient d’ailleurs déclaré avoir été violées par des militaires rwandaisen plein confinement dû à la pandémie du Covid-19.

Par la suite Monsieur Niyonsenga Dieudonné a été arrêté sous prétexte de « non-respect des mesures de confinement » avant d’être maintenu en détention pour « falsification de documents », « exercice illégal de la profession de journaliste » et « entrave à des travaux publics. »

Le 11 mars 2021, après près d’un an de détention préventive, Niyonsenga Dieudonné a finalement été acquitté de toutes les charges qui pesaient contre lui, le juge de première instance ayant estimé qu’aucune accusation portée contre lui n’était fondée et ayant ordonné sa libération sur-le-champ. Dès sa libération, Niyonsenga Dieudonné (sous son pseudonyme Cyuma Hassan) a repris son travail de reporter-journaliste, en concentrant essentiellement ses reportages sur la mise en lumière de la misère populaire que le régime de Kigali essaye de cacher au monde, allant même jusqu’à falsifier les statistiques sur le bien-être des rwandais. Niyonsenga Dieudonné a d’ailleurs baptisé sa chaîne YouTube « Imboni ya rubanda » c’est-à-dire « prunelle du peuple ». Tout un symbole.

Preuve que le régime de Kigali avait prémédité de le neutraliser, quelques minutes à peine après sa condamnation du 11 novembre 2021, sa maison était déjà prise d’assaut par un nombre ahurissant de policiers venus pour l’arrêter. Tout cela a heureusement pu être filmé et suivi en direct sur YouTube grâce aux caméras de surveillance que Niyonsenga Dieudonné avait installé dans et autour de sa maison ainsi que par l’appel téléphonique qu’il a pu donner à un autre journaliste juste avant l’assaut.

Pour un régime qui fonde son pouvoir sur la violence, le mensonge et la dissimulation, un journaliste comme Niyonsenga Dieudonné, dont la chaine YouTube Ishema TV révèle les abus du pouvoir et la misère du peuple et cumule à plus de 15 millions de vues, était évidemment une cible à faire taire.

Et pour rajouter à ces abus et à cette oppression, le 25 novembre 2021, le père de Niyonsenga Dieudonné et un groupe de trois jeunes qui l’accompagnaient ont été emprisonnés, torturés et soumis à un interrogatoire musclé pendant trois jours, simplement parce qu’ils allaient rendre visite à Niyonsenga Dieudonné ! Ils n’ont été libérés que le 27 novembre 2021 et nombre de leurs effets ainsi que leurs pièces d’identité seraient toujours détenus par les agents de la prison.

Par ailleurs, l’emprisonnement du journaliste Cyuma Hassan survient dans un climat d’une vague d’arrestations qui frappe divers acteurs de la liberté de presse et d’opinion et des défenseurs des droits civiques et politiques au Rwanda, dont plusieurs associés de l’opposante Victoire INGABIRE Umuhoza et un autre journaliste youtubeur bien connu, Monsieur Nsengimana Théoneste, propriétaire de la chaîne YouTube UMUBAVU TV.

Les FDU-Inkingi estiment que ces manœuvres visent à intimider et à faire taire les voix qui dénoncent les abus de pouvoir du FPR.

Nous demandons à la Communauté Internationale, particulièrement aux pourvoyeurs de fonds du régime de Kigali, de prendre toutes les mesures possibles pour arrêter de soutenir et renforcer un régime excessivement dangereux vis-à-vis de son propre peuple.

Les FDU-Inkingi réitèrent leur engagement à poursuivre, aux côtés du peuple rwandais, la lutte pour ses droits fondamentaux.

 

Fait à Bruxelles, le 01 décembre 2021

NSANZIMANA  Eugène

Commissaire chargé de l’information et de la Communication

 

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