Rwanda : Les incendies suspectes des prisons devraient interpeller les autorités

Alors qu’on garde encore en mémoire l’incendie de la prison de Muhanga au centre du Rwanda survenu le 05 juin 2014, suivi peu après par l’incendie de la prison centrale de Gisenyi le 07 juillet 2014, un incendie spectaculaire s’est produit à la prison centrale de Kigali dite « 1930 », dans l’après-midi du 25 décembre 2016, soit le jour de Noël. Ledit incendie, qui aurait pris de court l’ensemble des services pénitentiaires, n’a été annoncé que par la presse et serait de cause inconnue à ce jour. Des images montrant une épaisse fumée noire et opaque sortant de la prison, font craindre des dégâts plus importants que ceux avancés, en l’absence de toute communication  officielle et de toute enquête indépendante.

Il est légitime de s’interroger sur les conséquences de cet incendie sur les vies humaines qui peuplent cette prison. On sait que ce qui tue dans un incendie n’est pas tant le feu mais l’opacité et la toxicité des fumées. Des sources concordantes ont annoncé qu’il y a eu des mouvements de panique et même des tirs nourris d’armes légères. Dans un souci de transparence, nous estimons que toute la lumière doit être faite sur l’origine de cet incendie, ainsi que les dégâts, surtout humains, causés soit par cet incendie, soit par les tirs d’armes. Nous osons espérer qu’on n’a pas tiré sur les détenus tentant de s’échapper de cet incendie, sous prétexte qu’ils voulaient s’évader ! On se souvient que pour le cas de la prison de Muhanga, les victimes avaient été sous-estimées par les pouvoirs et que pour toute l’année 2014, les autorités publiques avaient annoncé que 30.000 détenus se seraient évadés des prisons.

Etant donné cette succession d’incendies qui touchent sporadiquement les prisons les plus peuplées (Kigali, Gisenyi, Muhanga), les FDU Inkingi demandent que le gouvernement garantisse la sécurité des détenus qui risquent d’être pris entre deux feux, celui de l’incendie et les tirs des gardiens de prison.

Plus particulièrement, nous demandons à Johnston BUSINGYE, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux et premier responsable de la vie et de la sûreté des citoyens rwandais en situation de privation de liberté, de veiller au strict respect  des normes et principes internationaux en matière de traitement de détenues et d’assurer ses obligations régaliennes de sécuriser et viabiliser les prisons du Rwanda.

Fait à Paris, le 27 décembre 2016

Pour les FDU-Inkingi

Dr Emmanuel Mwiseneza

Deuxième Secrétaire Général

Contact : emwiseneza@hotmail.com

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