Rwanda : Brusque détérioration des conditions de détention de madame Victoire Ingabire – Lettre ouverte

A Monsieur le Commissaire Général  de RCS   (Rwanda Correctional Service)

Monsieur le directeur.

 

Depuis vendredi 10 juillet 2015, la direction de la prison centrale de Kigali a décidé de durcir très sévèrement le régime carcéral de madame  Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des FDU INKINGI, sans aucune explication.

En effet, ce vendredi, la direction de la prison a refoulé son avocat, maître Gatera, au motif qu’il n’avait plus rien à faire à la prison car la cliente a été déjà jugée. Or, vous êtes sans ignorer que madame Victoire Ingabire a porté plainte auprès de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples[1], qui doit encore fixer les audiences. Il est donc aberrant de refuser à madame Victoire Ingabire le libre accès à son conseil.

La direction de la prison a dans le même temps, confisqué tous les livres, y compris les livres de chants religieux, qui étaient à la disposition de madame Ingabire et dont la détention avait été autorisée par la prison.

Ce matin, les gardiens lui ont même signifié qu’elle ne pouvait même plus parler aux cadres de son Parti qui lui apportent de la nourriture, sous peine de sanction. Pour quelqu’un qui est détenu dans les conditions d’isolement que vous connaissez, vous comprendrez que ces mesures relèvent de la torture morale[2] qui est interdite par les conventions internationales.

Depuis samedi 11 juillet 2015, madame Ingabire a sollicité une audience auprès de la direction de la prison pour savoir les raisons à l’origine de ces conditions carcérales draconiennes, mais le directeur a catégoriquement refusé.

Les FDU INKINGI rappellent aux autorités pénitentiaires que même des prisonniers ont droit à un minimum de droits[3].

En foi de quoi elles demandent aux autorités pénitentiaires de lever ces mesures ou d’expliquer au moins ce qui les justifie.

 

Kigali 14 Juillet 2015

 

Pour les FDU INKINGI

Boniface Twagirimana

1er Vice-président

 

CI

  • Monsieur le ministre de la justice
  • Ombudsman
  • Commission des droits de l’homme
  • Procureur général,
  • Ambassades (tous)