Hommage aux victimes du génocide et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda

En mémoire aux victimes Tutsi

A la veille du 20ème anniversaire commémoratif du génocide perpétré contre les Tutsi de l’intérieur du Rwanda d’avril à juillet 1994, les Forces démocratiques unifiées FDU-Inkingi rendent hommage et s’inclinent devant la mémoire de toutes les victimes tutsi de cette tragédie qui s’est abattue sur le peuple rwandais. Cette barbarie a été  le résultat des extrémistes qui n’agissaient que pour leurs propres intérêts et non pour ceux d’une quelconque ethnie.

Les FDU-Inkingi ne condamneront jamais assez cette négation extrême du droit à la vie et à l’humanité des victimes qui a eu lieu dans notre pays, le Rwanda.

En mémoire aux victimes Hutu et Twa

Pendant le génocide perpétré contre les Tutsi, d’autres membres de la communauté rwandaise, les Hutu et les Twa, ont été victimes des tueries à cause de leurs ethnies et/ou leurs pensées. Ces autres Rwandais n’ont pour l’instant pas droit à la mémoire. Les FDU-Inkingi continuent à fustiger une mémoire discriminatoire et demandent à tous les Rwandais d’avoir l’empathie envers toutes les victimes du drame rwandais.

Justice envers toutes les victimes

Les FDU-Inkingi condamnent l’instrumentalisation du génocide à des fins politiciennes qui se traduit notamment par le musèlement de tous les opposants au FPR qui ne partagent pas la version des faits du régime du FPR. Des opposants hutu et tutsi sont actuellement traqués, emprisonnés, assassinés pour le seul fait de refuser de cautionner le mensonge entretenu par régime du Général Paul Kagame.

Les FDU-Inkingi déplorent la fuite en avant du Président Paul Kagame, qui, pour masquer ses propres responsabilités dans la tragédie rwandaise, choisit une nouvelle fois de s’attaquer à la France qu’il accuse de participation au génocide ainsi qu’à la Belgique qu’il accuse d’avoir contribué à la préparation politique du génocide, oubliant l’espace d’un instant que c’est le FPR qui s’est opposé à toute intervention étrangère pour stopper le génocide et les massacres et que seule la France a courageusement pris le risque de sauver des milliers de gens qui étaient menacés par les extrémistes de tous bords.

Les FDU-Inkingi regrettent que le Tribunal pénal international pour le Rwanda ait failli à sa mission de poser les jalons d’une justice équitable et réconciliatrice du peuple rwandais. Elles regrettent notamment que le TPIR ait été soumis aux pressions politiques qui ont empêché que les responsables du FPR présumés responsables des actes de génocide et des crimes de guerre ne soient jugés. Elles pensent en particulier aux auteurs de l’attentat aérien qui a coûté la vie au Président rwandais Juvénal Habyarimana et à son homologue burundais, le président Cyprien Ntaryamira.  Beaucoup d’informations convergentes, fournies par les anciens collègues d’armes du Général Paul Kagame, montrent à suffisance qu’il est responsable de cet attentat terroriste unanimement reconnu comme l’élément déclencheur du génocide.

Tous les responsables de tous ces crimes contre l’humanité doivent être arrêtés et jugés. Les FDU-Inkingi rappellent que la responsabilité criminelle est individuelle.

En pensée avec les autres victimes rwandaises oubliées

Les FDU-Inkingi s’insurgent contre l’obstructionnisme qui empêche que les crimes commis contre les Hutu soient qualifiés.  En effet, depuis le début de la guerre le 1er Octobre 1990 et surtout au moment de la reprise de la guerre par le FPR, après l’attentat contre l’avion présidentiel et en même temps que débutait le génocide dans la partie contrôlée par le régime en place à l’époque, des troupes du FPR ont tué des centaines de milliers de gens dans l’espace territorial qu’ils contrôlaient. Quelques endroits connus sont le Petit Séminaire de Rwesero où la presque totalité du clergé du diocèse de Byumba fut décimée, Kibeho où des déplacés de guerre furent systématiquement massacrés, Gakurazo (Kabgayi) où trois évêques et beaucoup de membres du clergé catholique furent sommairement massacrés, etc. Après leur victoire militaire et jusqu’en 1998, des éléments de la nouvelle armée ont tué des Hutu dans des camps de réfugiés en République Démocratique du Congo, jusqu’à poursuivre certains sur des milliers de kilomètres dans la forêt équatoriale congolaise. Le rapport Mapping du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, publié le 1er octobre 2010, soutient que ces crimes pourraient être qualifiés de génocide si un tribunal spécial était mis en place pour les instruire. Les victimes de ces crimes crient justice et méritent aussi l’attention judiciaire. Les FDU-Inkingi regrettent qu’aucun tribunal international n’ait été constitué pour poursuivre les auteurs.

Droit à la mémoire, devoir de mémoire

Afin de lutter contre le négationnisme et contre l’oubli, les FDU-Inkingi saluent que chaque année au cours du mois d’avril des contre-feux mémoriels des victimes tutsi sont allumés. Il est indispensable en effet, que la nation rwandaise entière reconnaisse la mémoire des victimes et que les rescapés tutsi témoignent de leurs souffrances, revendiquent et transmettent la mémoire de leurs aïeuls. En même temps, les FDU-Inkingi ne comprennent pas qu’on exige de tous les rwandais le respect et le devoir de mémoire des seules victimes tutsi et qu’on refuse le droit à la mémoire aux autres victimes. Pour les FDU-Inkingi, il ne doit pas exister de discrimination dans le souvenir entre les victimes, qu’elles soient du génocide perpétré contre les Tutsi ou des crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’actes de génocide. Tous ces crimes sont graves et imprescriptibles, leurs auteurs doivent en répondre devant les tribunaux et toutes leurs victimes doivent être reconnues sans distinction.

Nécessaire réconciliation

La justice pour tous, la demande de pardon des criminels, la reconnaissance de la souffrance, le droit à la mémoire et le devoir de mémoire de toutes les victimes des composantes nationales, la prise de conscience de tous les parents des victimes qu’ils sont instrumentalisés et manipulés par les extrêmes de leurs bords ethniques, enfin, le nécessaire pardon par les survivants, constituent les fondements d’une véritable réconciliation nationale pour un peuple qui doit vivre ensemble et désireux de composer un projet d’avenir ensemble.

Les FDU-Inkingi saluent la mémoire de toutes les victimes de la tragédie rwandaise et s’inclinent devant elles.

Fait à Lausanne, le 6 avril 2014.

Dr. Nkiko Nsengimana
Coordinateur des FDU-Inkingi

 

FDU-CC-20ieme-anniversaire-genocide (FRA)