(Français) Rwanda: un rapport balistique qui fait péter les plombs

  • Par Jean-Hervé Bradol, membre du Crash

Capture d’écran 2012-01-16 à 15.18.58L’expertise balistique au sujet de l’attentat commis en 1994 contre l’avion qui ramenait à Kigali les présidents du Rwanda et du Burundi a fait la Une de Libération. Elle a également provoqué de nombreux commentaires dans la presse, actant comme Le Monde d’une «vérité à la portée historique et diplomatique». De quoi s’agit-il ? D’un rapport dont les conclusions sont interprétées comme mettant définitivement hors de cause les amis de Paul Kagame, dans cet attentat précédant de quelques jours le déclenchement du génocide des Rwandais tutsis.

Le fait que ce rapport n’ait pas été lu par ceux qui commentent ses conclusions ne les décourage pas de formuler des opinions définitives sur l’identité des commanditaires du crime. La conclusion de l’étude technique, du moins sous la forme rapportée par la journaliste Colette Braeckman sur son blog, est présentée comme reposant sur une double expertise, balistique et acoustique: « Analysant la distance à laquelle le bruit du départ des missiles a pu être entendu, les experts ont conclu que le lieu du tir était très proche, entre 1000 et 3000 mètres du point d’impact. » Pour reconstituer le trajet du missile, la balistique seule s’emploierait à relever les traces matérielles de la présence du missile en au moins deux points pour pouvoir calculer sa trajectoire. Or dans ce cas, dix-sept ans après les faits, ces traces matérielles ne peuvent plus être relevées.