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POLITIQUE AGRICOLE 1995-2016 AU RWANDA: CONTRASTE ENTRE LES BELLES STATISTIQUES DE PRODUCTIONS AGRICOLES ET LES FAMINES CHRONIQUES

POLITIQUE AGRICOLE 1995-2016 AU RWANDA:

CONTRASTE ENTRE LES BELLES STATISTIQUES DE PRODUCTIONS AGRICOLES

ET LES FAMINES CHRONIQUES.

Ndereyehe Charles[1]

 1.    Introduction

Le 24 février 2016, je publiai un article[i] en Kinyarwanda qui analysait les récentes publications[ii] parues sur l’agriculture au Rwanda. Comme dans les analyses antérieures [iii] - [iv], je soulignais encore que la politique économique du gouvernement rwandais, dominé par le FPR (Front Patriotique Rwandais), avait amené l’agriculture rwandaise dans l’impasse[v].

Beaucoup de journaux locaux continuent à publier dans le même sens, en mettant en exergue le contraste entre les statistiques luisantes d’augmentation des productions agricoles et les famines chroniques sévissant dans tous les coins du pays[vi].

Deux articles m’ont particulièrement impressionné. Le 1er, en anglais, du chercheur Dr. Neil Dawson, fait ressortir que la politique agricole du Rwanda a un effet néfaste pour les plus pauvres. Le 2ème,  du 16/02/2016 et en Kinyarwanda, concerne la déclaration du Ministre de l’agriculture et de l’élevage, Mme Dr G. Mukeshimana, qui affirme que  les problèmes de l’agriculture rwandaise sont liés à la régression de la recherche agricole[vii].

Ces deux personnalités montrent que les belles statistiques du gouvernement ne représentent pas les faits réels de terrain où l’autosuffisance alimentaire serait un acquis pour un grand nombre de Rwandais. Il est en effet de notoriété publique que les statistiques officielles sont souvent manipulées[viii], pour montrer une autre image[ix] de l’agriculture et du développement économique au Rwanda, qui seraient sur la voie d’assurer l’autosuffisance alimentaire. Pourtant tous les indicateurs économiques clignotent rouge[x], montrant la pauvreté et  la famine !

En effet, selon le Rapport Mondial 2013 sur le Développement Humain, le Rwanda a un indice de Gini de 0,53 , qui le place parmi les pays les plus inégalitaires au monde. Les 10% les plus riches accaparent 40% des revenus, tandis que les 10% les plus pauvres se contentent d’à peine 3,5% des revenus. En réalité 82% de la population vit avec moins de 2$ USD par jour, la population en-dessous du seuil de pauvreté (celle qui vit avec moins de 1,25 $/j) est de 63,2% au lieu de 44,9% avancé par les chiffres officiels. La population qui croupit dans une pauvreté multidimensionnelle est estimée à 69% par ce même Rapport [xi] .

La presse locale [xii]§§ montrent des réalités économiques caractérisant la pauvreté, chiffres et images à l’appui, au moment où les officiels ont de la peine à accepter cette misère rwandaise qu’ils veulent cacher à l’opinion internationale. L’alibi malheureux, constitué par les infrastructures poussant comme des champignons dans “la très propre ville de Kigali”, cache ce terrible mal rongeant le petit peuple, décrit ainsi par Ansoms (2009): “Tout comme ailleurs, l’élaboration des politiques est une affaire contrôlée par les élites au Rwanda. La majorité des petits producteurs pauvres a sans aucun doute peu d’influence sur la situation politique. Les responsables de formulation des politiques ont peu de liens institutionnels ou personnels avec les questions de développement rural, et sont nombreux à avoir une attitude condescendante, voire méprisante, envers les petits producteurs pauvres pratiquant des formes «traditionnelles » d’agriculture ” [xiii] .

Rwanda : La cohabitation communautaire mise à l’épreuve des faits…

Par Dr. Phil. Innocent Nsengimana

Introduction

L’idéal du « vivre-ensemble » harmonieux entre les différentes composantes de la société rwandaise a été, depuis toujours, prôné par différents acteurs socio-politiques tant nationaux qu’internationaux qui ont été appelés à présider à ses destinées. Dès l’époque monarchique jusqu’au régime actuel du Front Patriotique Rwandais (FPR) en passant par la 1ère et la 2ème République, cet idéal n’a pas quitté les lèvres desdits acteurs. Et pourtant, des tensions ethniques et régionales, des tragédies, des guerres cycliques entre Rwandais ont sans cesse jalonné l’histoire socio-politique de leur pays et ont, à leur manière, contribué à en façonner la trajectoire sociale. Aujourd’hui encore, ce « vivre-ensemble » harmonieux reste toujours en veilleuse quand on regarde les milliers de réfugiés rwandais disséminés à travers le monde, des emprisonnements arbitraires des leaders d’opinion qui se font à l’intérieur du pays, des assassinats ciblés de Rwandais aussi bien à l’intérieur du pays que dans leurs pays d’exil, des politiques inappropriées de victimisation et de culpabilisation collectives, le refus à une catégorie de rwandais de jouir de sa dignité humaine et d’exercer ses droits et libertés.

Mémorandum adressé à Madame Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies pour la région des grands Lacs

Kigali, le 02 Mai 2013.

Madame ;

Les FDU-INKINGI vous souhaitent la bienvenue au Rwanda et profitent de votre passage pour vous exposer sa vision sur la stabilité dont a besoin la sous-région des grands lacs.

Le parti FDU-INKINGI a été créé en 2006 et constitue aujourd’hui la principale force politique de l’opposition démocratique rwandaise. Il se bat depuis 2010 pour être enregistré, mais ses efforts se heurtent toujours à l’intransigeance du gouvernement du Front Patriotique Rwandais qui se comporte comme un parti Etat. Convaincu qu’aucune solution durable  ne sera trouvée à la crise à l’Est de la RDC  tant que demeure une instabilité politique chronique au Rwanda, notre parti plaide pour une solution globale qui passe par une véritable démocratisation de la gouvernance au Rwanda.

Rwanda : Le FPR dans son bilan de 25 ans n’a pas atteint les objectifs qu’il s’était fixés.

Kigali le 17 Décembre 2012

 

Les FDU INKINGI sont d’avis que le FPR devrait faire preuve de modestie au cours  de cet anniversaire de ses 25 ans d’existence, étant donné que sa gouvernance a été marquée par une féroce répression de la liberté d’expression et de graves violations des droits de l’homme.

En ce moment, le FPR Inkotanyi est en train de célébrer avec faste le 25ème anniversaire de son existence. Tout parti politique qui voit le jour a un programme politique à proposer à la population. Le parti FPR Inkotanyi a été fondé avec un agenda précis qu’il a soigneusement entretenu, jusqu’à son but ultime d’attaque du Rwanda en 1990. Au moment de lancer son offensive contre le Rwanda, le FPR avait des griefs contre le régime qui était en place. Il citait notamment le sectarisme, le favoritisme, l’autoritarisme du parti MRND qui était dirigé par feu Habyarimana Juvénal. Le FPR se disait aussi préoccupé par le manque de démocratie, le problème des réfugiés, etc.

Après le renversement dans le sang du régime qui était en place, qui a culminé dans le génocide perpétré contre les Tutsi, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, la destruction du pays et la déstabilisation de la famille rwandaise dans son ensemble, la population rwandaise pensait que le FPR, qui se présentait à l’époque comme une “famille politique « (Umuryango) allait joindre le geste à la parole et instaurer un meilleur système, surtout qu’il en avait fait un cheval de bataille en promettant monts et merveilles à la population, affirmant haut et fort que les reproches qu’il faisait au régime déchu ne referaient plus surface dans le nouveau paysage politique.